
"Mas de la Dame" |
30 mars 1853 - 29 juillet 1890
Après avoir quitté Paris pour
le sud, "... mon plan c'est d'aller dès que je
pourrais passer quelques temps dans le midi où il y
a plus de couleur, plus de soleil", avait-il écrit
à sa soeur l'été précédent.
Vincent arrive à Arles le 20 février 1888 "
... il y a partout au moins 60 cm de neige de tombée,
et il en tombe toujours..," écrit-il à son frère
Théo dès le 21 février. Il poursuit :
"...Avant d'arriver à Tarascon j'ai remarqué
un magnifique paysage d'immenses rochers jaunes, étrangement
enchevêtrés des formes les plus imposantes...
de petits arbustes ronds aux feuillages d'un vert olive on
vert de gris. J'ai aperçu de magnifiques terrains rouges
plantés de vignes, avec des fonds de montagnes du plus
fin lilas. Et les paysages dans la neige avec les cimes blanches
contre un ciel aussi lumineux que la neige, étaient
bien comme les paysages d'hiver qu'ont fait les japonais ..."

"Portrait de l'Artiste" |
N'étant pas encore arrivé à
destination, il trouve en Provence ce qu'il est venu y chercher
: la couleur et le Japon dont les estampes l'ont tant impressionné;
cette région sera son exotisme, son Japon à
lui.
Peu de semaines plus tard, en mars 1888, son
enthousiasme est confirmé, il écrit à
son ami le peintre Emile Bernard : "... je veux commencer
par te dire que le pays me parait aussi beau que le Japon
pour la limpidité de l'atmosphère et les effets
de couleur gaie. Les eaux font des taches d'un bel émeraude
et d'un riche bleu dans les paysages ainsi que nous le voyons
dans les crêpons. Des couchers de soleil orangé
pâle, faisant paraître bleus les terrains. Des
soleils jaunes splendides... Le costume des femmes est joli,
et le dimanche surtout on voit sur le boulevard des arrangements
de couleur très naïfs et bien trouvés..."
Il séjournera en Provence jusqu'au 16 mai 1890 où
il peindra principalement à Arles et à Saint
Rémy de Provence mais aussi à Montmajour, Fontvieille,
aux Saintes Maries de la Mer et aux Baux de Provence. Ses
sujets sont variés : des vergers, des paysages, des
natures mortes principalement faites de fleurs, des marines
et des portraits. Si sa technique évolue sans cesse,
son écriture est unique et tous les sujets sont autant
de représentations de l'essence même de la nature,
des gens et des choses; en ce sens, il est un témoin
majeur de la région en cette fin de siècle.
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