PLAN DU CHATEAU
Le Château
La ruelle castrale
Le pigeonnier
La chapelle
Sainte-Catherine

Le passage
aux Lièvres

L'Hôpital Quiqueran

L'escalier rupestre
Tour de Brau

LE VILLAGE
Hôtel de Manville
Eglise St-Vincent
Porte d'Eyguieres
Post Tenebras Lux
Musée des Santons
Musée Louis Jou
Musée Yves Brayer
La chapelle des pénitents blancs

VAL D'ENFER
Pavillon de la Reine Jeanne
Stèles funéraires
Cathédrale d'images


Montagne magique - 1990
Huile sur toile - 46 x 41 cm

 


le Printemps dans les Alpilles - 1975
Huile sur toile - 54 x73 cm

 


Le Château des Baux - 1948
Huile sur toile - 60 x 73 cm

Antoine SERRA 1908-1995

 

Un dimanche d’été 1936, Antoine Serra découvre du plan du château des Baux un lieu magique, le Rocher et le Val d’enfer. " Si j’arrive un jour à vivre de ma peinture, c’est ici que je reviendrai ".

La Provence reste la terre promise des grands peintres. C’est dans la solitude artistique que Serra réalise jusqu'à la fin de sa vie ses plus belles œuvres. Il a choisi de peindre une Provence pudique, l’ubac le côté de l’ombre préférant les hardis contre-jours, là où les scories sont supprimées, où seule la nature est sublimée.

Serra le démiurge refuse l’originalité à tout prix, il dissèque la nature, la met à nu pour lui arracher son âme. Peintre méditerranéen, originaire de Sardaigne, terre de vielles civilisations et d’antiques croyances où le surnaturel rejoint le naturel, il plante son chevalet face à ce chaos rocheux.

Il arrive à Marseille en 1914, entre à l’école des Beaux Arts en 1921 (plusieurs prix 1922, 1923). Dans les années 1930 son œuvre est inspirée par Marseille la prolétaire, les quais, le port, les dockers. Serra, responsable de la première maison de la culture en province (inaugurée en 1936 par Malraux), expose les œuvres de Fougeron, Aragon, Giono, Pagnol, Picasso et Pignon.

Nommé Délégué au Comité Directeur de l’Union Nationale des Intellectuels du Département en 1945, il participe à diverses expositions internationales.

Un an plus tard, il installe définitivement au cœur d’un rocher des Baux son atelier troglodyte : " je ne suis plus obligé de courir après les saisons, elles viennent à moi avec toutes leurs splendeurs ". Ayant un besoin viscéral du contact avec la ville de Marseille, il y gardera un atelier Quai de Rive Neuve.

Chaque exposition de Serra est une révélation : on trouve l’homme qui vibre, dépasse et surmonte les difficultés physiques et morales de la vie. Le grand art dans la maturité d’un peintre est de tout baigner : paysages, natures mortes, portraits, dans " le soleil intérieur de l’âme ", Serra sait allier la grandeur et la simplicité, ce qui est une orientation vers la pureté de l’art. L’homme qui selon le mot d’Eluard a " la nostalgie de la lumière totale ".

Avec l’aide du peintre Guy Montis, il créé en 1948 le Groupe Provence et nomme l’écrivain provençal Charles Galtier, Secrétaire; il invite ses amis peintres de Rive Neuve : Seyssaud, Chabaud, Ambrojiani, Roc, Diana Hauer.

Il expose au Salon d’Automne de Paris de 1950 sa grande toile (300 x 250 cm) " La messe de minuit aux Baux " sur laquelle il représente les habitants du village à la messe.

En 1970 il exécute une fresque " Les Olivades " pour l’école maternelle des Baux. Il pense que " l’art doit être très proche des hommes et qu’il faut semer très tôt ".

En 1971, il s’engage dans la vie politique locale, y est élu conseiller municipal à la culture dans la municipalité de Raymond Thuilier.

Sa vie étant intimement liée à la peinture, il créé avec ses amis le "Groupe des Amis de Serra " ; le premier Président Charles Moure (Président de la Chambre de Commerce de Marseille) permettra à Serra de peindre librement sans engagement mercantile jusqu’à la fin de sa vie, le 06 mai 1995.